L’Aïd El Kbir… Tout se mange, rien ne se perd, mais beaucoup de choses se jettent !

Par Ibertakanes
Dans Astuces
24 oct 2013
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Les fêtes religieuses au Maroc sont souvent de grands moments de gastronomie : on se retrouve tous autour des bons petits plats de nos mères ou de nos tantes, on s’en met plein les yeux et plein la panse, au plus grand plaisir des gourmands et des gourmets !

Toutefois, on a constaté que le rapport de nos compatriotes à la nourriture change radicalement  d’un évènement religieux à l’autre :

Ramadan est typiquement le mois de l’abondance alimentaire avec des tables pleines de toutes les ch’hiwates que la culture Marocaine a créé au fil de plusieurs siècles d’histoire… et c’est aussi le mois de tous les gaspillages ! Pourvu que les tables soient belles et bien garnies, on se soucie peu de préparer des rations raisonnables évitant les gâchis. Le gaspillage alimentaire atteint son paroxysme pendant le mois sacré, avec trop souvent un quart, voire un bon tiers de ce qui est acheté qui finit, intacte, dans nos tarro d’zbel

A l’opposé, l’Aïd El Kbir est LA fête où l’on les Marocains se font un point d’honneur de ne pas gaspiller un gramme du beau 7awli qu’ils ont sacrifié ! La viande, la cervelle, les abats, et toutes les autres parties tendres de la bête sont consommées. TOUT EST BON DANS LE MOUTON ! … ou presque…

On a bien dit «tout est bon… ou presque…», et ce pour les raisons suivantes.

Premièrement les nouvelles générations mangent de moins en moins les abats et autres parties « non conventionnelles » du mouton. Quel dommage de gâcher tout ça! Et là, on a qu’un conseil a donné… Goûtez-y ! Oubliez le goût standardisé du steak de viande hachée de bœuf que vous mangez tous les jours, et laissez-vous tenter par tous les plaisirs de saveurs que vous offrent la douara (aussi appelée kercha selon les régions), les boulafaf, les riouss etc… Mamma Mia que c’est bon !! J Aussi, si vous pensez ne pas pouvoir manger tout votre mouton n’hésitez pas à offrir quelques kilos de viande à vos voisins, à vos proches, ou à des personnes démunies. Le partage est un très bon moyen d’éviter le gaspillage alimentaire.

Deuxièmement, même si l’on mange tout dans le mouton il reste inévitablement en bout de chaîne une bonne dizaine de kilos de déchets constitués d’os, de gras, de contenus gastriques, plus la peau de la bête sacrifiée. Pour les peaux, si vous ne savez pas les préparer vous-même offrez-les au ramasseur de hïdora en charrette qui passera devant chez vous. Pour les autres déchets qui, convenons-en, sont inévitables, il est conseillé de les enfermer bien proprement dans un grand sac poubelle robuste et étanche (en plastique, oui… cette fois-ci c’est utile !), et de les sortir le soir là où le camiou d’Zbel pourra les ramasser facilement. Ça évitera de voir des carcasses puantes pourrir au soleil en pleine ville. Et si vous êtes dans un coin où les camions-poubelles ne passent pas (à la campagne par ex.), enfouissez vos déchets proprement dans le sol… ça fera le bonheur des verres de terre ;)

Ps : bien sûr si vous avez des chiens, n’oubliez pas de leur garder le meilleur « nonoss » pour se faire les dents… c’est du recyclage naturel J

Quelques bons conseils pour conserver sa viande et éviter les gâchis

Les questions d’hygiène ne concernent pas uniquement l’abattage du mouton et le nettoyage de sa cour ou de son garage. Pour éviter les intoxications alimentaires et les gaspillages liés à une mauvaise conversation du mouton, il suffit de quelques gestes simples, mais qui ont toute leur importance !

- Il faut veiller à ce que la bête ait perdu tout son sang avant d’entamer la phase de découpe et de cuisine. Pour cela, il suffit d’accrocher le mouton en hauteur au-dessus d’une bassine (qui permettra de récupérer tout le sang) et de le laisser sécher à l’air libre. Bien évidemment, nous vous recommandons de le protéger d’un film plastique ou d’un linge propre afin d’éviter toute tentation pour nos insectes et chats de gouttière préférés. Appétissant n’est-ce pas J ?

- Une fois que la viande a séché (idéalement, patienter 24h avant sa consommation), on peut entamer la phase de découpe. Pour les abats, il faut bien vérifier qu’il n’y a aucune anomalie (kists ou autres). Si c’est le cas, veillez à ne pas les donner aux animaux. Ce serait dommage de rendre malade les pauvres bêtes en pensant leur faire du bien ! Ensuite, il faut les cuisiner. Les abats se conservent mal au réfrigérateur (1 à 2 jours grand max). C’est l’occasion de déguster son délicieux boulfaf avec un bon verre de thé à la menthe et du pain, et de préparer sa douara pour la congéler (3 à 4 mois). Comme ça, quand y’en aura plus, y’en aura encore, et vous pourrez en profiter bien après la fête !

- Lorsque l’on touche la triperie, il faut se laver les mains au savon avant de passer à autre chose. C’est capital ! Cela évitera de transmettre les bactéries contenues dans les abats et de contaminer la viande.

- La viande fraîche se conserve maximum 1 à 2 jours au réfrigérateur tandis que la viande hachée ne se conserve pas plus de 24 heures, le tout à une température inférieure à 5°C.

- Au congélateur, vous pourrez garder la viande jusqu’à 6 mois (au-delà de ce délai, elle commencera à perdre ses qualités gustatives et à rancir).

- Afin de gagner de l’espace, couper la viande en petits ou moyens morceaux pour optimiser votre rangement et essayer au maximum de vider les sacs de congélation de leur air. Faites attention, une viande sortie du congélo ne doit être, au grand jamais, recongelée !

- Sans congélo,  n’oubliez pas que vous pouvez aussi sécher la viande pour la conserver longtemps : en la coupant en fines lamelles, en la laissant macérer dans quelques bonnes épices de chez nous et en la laissant sécher pendant plusieurs jours. Idéal pour revisiter l’apéro à la marocaine !

Cet article est co-écrit par Ibertakanes et Zero Zbel Xperience, dans le cadre de leur collaboration autour de la thématique du gaspillage alimentaire. 

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